Action for Sustainable Development

Missions

Appui à l’autonomisation des femmes et des jeunes du Nord à travers l’adoption des pratiques agricoles durables et résilientes aux changements climatiques

L’association Action for Sustainable Development a été sélectionnée comme lauréate de la Campagne Annuelle 2025 de la Fondation setec pour son projet « Appui à l’autonomisation des femmes et des jeunes du Nord à travers l’adoption des pratiques agricoles durables et résilientes aux changements climatiques », dans la commune de Ngong, dans la Région du Nord du Cameroun.

Le projet vise à renforcer la souveraineté alimentaire des femmes et des jeunes de la commune de Ngong par la régénération des sols, la valorisation des savoirs paysans et la diffusion de pratiques agroécologiques adaptées au climat sahélien.

 

Contexte et déroulé du projet

Le projet s’attaque à un défi majeur qui touche la commune rurale de Ngong : la dégradation progressive des sols, la diminution des rendements agricoles et la hausse de l’insécurité alimentaire, le tout accentué par les effets du changement climatique et la fragilité économique des petits producteurs, en particulier des femmes et des jeunes. Dans ce contexte sahélien déjà fortement éprouvé par la perte de biodiversité agricole, l’initiative accompagne directement 200 agriculteurs et agricultrices – dont 70 % de femmes et de jeunes – et touche indirectement près de 800 habitants de deux villages pilotes. Son ambition est claire : renforcer l’autonomie et la résilience des communautés à travers l’adoption de pratiques agroécologiques durables, la valorisation des savoirs paysans et le développement de circuits courts de commercialisation.

Un déroulé de projet conçu pour ancrer durablement l’agroécologie

  • Phase 1 – Lancement et initiation : créer les fondations

La première étape permet d’installer les bases de l’agroécologie à travers des formations et la création de premières parcelles pilotes. Ces espaces-test, conçus et gérés avec les producteurs eux-mêmes, deviennent rapidement des lieux d’apprentissage collectif et de démonstration. Cette mise en route progressive est essentielle pour engager la communauté en douceur et susciter l’adhésion.

  • Phase 2 – Approfondissement technique : introduire des pratiques adaptées au Sahel

Avec l’appui de la Fondation setec, le projet introduit ensuite des techniques avancées de restauration des sols adaptées aux réalités climatiques sahéliennes. L’objectif n’est pas seulement de transmettre des outils, mais de permettre aux producteurs de comprendre les mécanismes écologiques à l’œuvre afin qu’ils puissent, eux-mêmes, ajuster et transmettre ces savoirs.

  • Phase 3 – Régénération des sols : agir concrètement sur les terres dégradées

L’application de ces techniques sur des terres identifiées comme prioritaires permet de démontrer rapidement des résultats tangibles : amélioration de la structure du sol, meilleure rétention d’eau, retour progressif de la fertilité. Ces transformations visibles renforcent la confiance des communautés et ancrent les nouvelles pratiques.

  • Phase 4 – Gouvernance et valorisation : renforcer l’autonomie économique locale

L’agroécologie ne peut être durable que si elle s’inscrit dans un modèle économique viable. Cette phase vise donc à structurer les circuits courts, organiser la commercialisation locale et renforcer la gouvernance communautaire. Les producteurs deviennent alors de véritables acteurs économiques, capables de valoriser leurs productions et de faire vivre la démarche sur le long terme.

  • Phase 5 – Capitalisation et essaimage : partager, transmettre, étendre

La dernière étape du projet est consacrée à la documentation, la mise en récit et la diffusion des bonnes pratiques. L’objectif : permettre à d’autres communautés de s’inspirer du modèle, créer une dynamique d’essaimage et inscrire le projet dans une logique d’impact territorial durable.

 

Objectifs du projet

Un projet pensé pour transformer durablement les pratiques agricoles au service des communautés locales

Ce projet ne se limite pas à apporter des solutions techniques : il vise avant tout à redonner aux communautés la capacité d’agir, en revalorisant leurs savoirs, en renforçant leur autonomie et en installant des pratiques résilientes adaptées au contexte sahélien. En ciblant directement 200 agriculteurs et agricultrices, dont 70 % de femmes et de jeunes, et en touchant indirectement près de 800 personnes dans deux villages pilotes, il contribue à bâtir un avenir agricole plus sûr, plus productif et plus respectueux des écosystèmes.

Ce qui fait la force de ce projet, c’est la cohérence et l’intelligence de son déroulé, pensé comme un véritable parcours d’acculturation à l’agroécologie. Chaque phase prépare la suivante, permettant une appropriation progressive, un renforcement des capacités locales et l’ancrage durable des changements de pratiques.

 

Un modèle pérenne porté par les communautés, pour les communautés

Ce projet ne cherche pas seulement à « faire mieux », mais à faire autrement. En impliquant les communautés dès le départ et à chaque étape du processus, il reconnaît leur rôle central dans la transition agroécologique. Les habitants ne sont pas de simples bénéficiaires : ils sont co-concepteurs, expérimentateurs et futurs relais de la démarche.

Grâce à une méthodologie pensée sur le long terme, articulée et progressive, le projet jette les bases d’un modèle résilient, reproductible et profondément ancré dans les territoires. Un modèle où la restauration des sols, la transmission des savoirs, l’autonomie économique et la gouvernance locale avancent main dans la main pour garantir la sécurité alimentaire et préserver les ressources.

 

Impacts attendus

Le projet génère des impacts significatifs à l’échelle environnementale, sociale, économique et sociétale, renforçant durablement la résilience des communautés de Ngong.

Impacts environnementaux

Le projet contribue à restaurer les écosystèmes locaux grâce à un ensemble de techniques agroécologiques adaptées au contexte sahélien. La régénération de 10 hectares de sols, l’usage massif de bio-intrants et la création d’une banque locale de semences renforcent la fertilité, la biodiversité et la durabilité des systèmes agricoles. La gestion améliorée de l’eau, notamment via 20 micro-bassins fonctionnels, garantit une meilleure disponibilité hydrique sur la moitié des parcelles ciblées, limitant les effets de la sécheresse.

Impacts sociaux

L’accompagnement de 200 producteurs et productrices, majoritairement des femmes et des jeunes, favorise la montée en compétences locales et l’autonomisation économique. Les bénéficiaires adoptent durablement les nouvelles pratiques, tandis que les relais agroécologiques créés au sein des villages assurent la transmission des savoirs. La diversification des cultures (+25 %) permet aussi d’améliorer la sécurité alimentaire des ménages.

Impacts économiques

Grâce à la réduction des dépenses en intrants (-20 %), à l’amélioration des rendements (+20 % par hectare) et à l’accès à des marchés agroécologiques, les producteurs voient leurs revenus progresser de 15 à 30 %. Le développement des circuits courts permet en outre de valoriser au moins 20 % des productions à un prix équitable.

Impacts sociétaux

En structurant deux comités locaux de gouvernance et en veillant à une représentativité féminine de 50 %, le projet renforce la participation communautaire et la place des femmes dans la prise de décision. Les savoirs paysans sont reconnus et valorisés lors d’événements publics, renforçant la cohésion locale et l’engagement dans la lutte climatique.

 

Le rôle de la Fondation setec

La Fondation setec apporte un soutien de 21 700 euros à Action for Sustainable Development, dédié spécifiquement à la deuxième phase du projet, centrée sur le renforcement des pratiques agroécologiques.

Le suivi du projet est assuré par Myriam Yemele-Tonleu, ingénieure chez setec bâtiment, avec un relais opérationnel sur le terrain porté par l’ensemble des ambassadeurs, ambassadrices et collègues de la Fondation setec au Cameroun.

Types de levier

Chiffres clés

21 700 euros